Située au fond du Golfe du Morbihan, VANNES qu'en 1154 le géographe arabe Idrisi décrivait comme étant "une des principales villes de Bretagne (...) située sur un camp à l'extrémité du golfe, extrêmement agréable et peuplée, où sont un port et des constructions navales" avait déjà connu à l'aube du XXème siècle un long passé historique ponctué de faits militaires.

Fondée au Ier siècle avant J-C par les Romains après la victoire de Jules César sur le peuple Venète, la cité gallo-romaine de DARIORITUM était rapidement devenue un centre prospère en s'étendant autour d'un vaste forum situé sur la colline de Boismoreau, dominant un site d'échouage, et point de convergence de nombreuses voies romaines.

A la fin du IIIè siècle, la menace saxonne imposa à l'empereur Probus la construction d'un castrum sur la colline voisine du Mené qui provoqua le transfert du coeur de la cité. Après que le chef Waroc'h l'eut doté de nouveaux remparts au VIe siècle, la ville devint l'objet au haut moyen-âge de luttes incessantes entre Francs et Bretons qui s'en disputèrent la possession.

Nommé roi de Bretagne en 831 par Louis le Pieux, fils de l'empereur Charlemagne, le seigneur Vannetais Nominoë, après sa victoire sur Charles le Chauve à Ballon près de Redon, fut reconnu en 845 comme souverain d'une Bretagne indépendante qui étendit son pouvoir aux pays de Rennes et de Nantes.

nominoe_dessin1

En 919, la ville n'échappait pas au pillage et à son incendie par les Normands.

La guerre de Succession de Bretagne engagée en 1341 entre les Penthièvre soutenus par les Français et les Monfort aidés par les Anglais, qui ne s'achèvera qu'en 1365 et au cours de laquelle devait s'illustrer le célèbre Du Guesclin, provoquera plusieurs fois le siège de la ville et son pillage avant que la fin du XIVe siècle, qui ouvrait enfin une ère de calme et de prospérité pour la Bretagne, ne voit une extension de ses fortifications et le doublement de son intra-muros, la cité devenant lieu de résidence favori des Ducs de Bretagne qui logent au château de l'Hermine.

Par une ironie de l'histoire, c'est aussi à VANNES, où le Parlement de Bretagne siègeait depuis 1485, que le 13 aout 1532 était ratifié le traité d'union de la Bretagne à la France, résultant entre autre du mariage en mai 1514 de la fille ainée de la Duchesse Anne de Bretagne et du roi Louis XII, Claude, avec François d'Orléans, le futur roi de France François 1er. C'est de la venue à VANNES de celui-ci que l'on fait dater le blason de la ville : "De gueule à une hermine au naturel, passante, accolée d'un manteau d'hermines doublé de toile d'or, voletant", l'hermine étant encadrée de deux lévriers portant collier, en souvenir de ceux offerts au roi, et sa devise en découlant: « à ma vie ». Le manteau de fourrure moucheté de queues d'hermines constituait à la fois l'habit d'apparat des ducs de Bretagne et des grands de la Cour de France.

blason_de_vannes_r_duit5

La cité accueillit de nouveau le Parlement de Bretagne de 1675 à 1690 après l'exil de ce dernier de RENNES d'où l'avait chassé Louis XIV. Elle connut ainsi une période faste aux XVIIe et XVIIIe siècles par un développement de ses chantiers navals pour la construction de chasse-marées et un commerce maritime florissant, quelques armateurs participant même, comme à Saint-Malo et à Nantes, mais sur une plus petite échelle, à la "course" et accessoirement "au commerce d'ébène".

VANNES avait vu en parallèle l'installation de nombreuses congrégations religieuses et l'ouverture d'un premier collège de Jésuites dont l'un des plus illustres élèves en sera l'auteur de "Gil Blas", Alain-René Lesage. Devenue Préfecture du Morbihan en 1791, la cité ne sera pas épargnée lors de la Révolution, devenant le quartier-général de Hoche lors du tragique débarquement des émigrés à Quiberon, nombre d'entre eux y étant emprisonnés et fusillés en 1795 sur le plateau du jardin de la Garenne ou à la pointe de Selin (dite depuis "des Emigrés").

Après ces siècles où tumultes et périodes apaisées s'étaient entremèlés, VANNES menait en la seconde moitié du XIXe siècle une vie paisible de petite ville bourgeoise de province, ayant conservé à l'abri de ses remparts son second coeur historique constitué d'un dédale de rues étroites et de demeures à encorbellement.

porte_prison_jpeg5

place_henri_4_c_jpeg2

place_cabello_jpeg1