Ouvert en 1850 sous l'autorité des Pères Jésuites dans l'ancien Couvent des Ursulines situé en plein centre-ville près du port, le Collège "Saint François-Xavier" était devenu en quelques années un haut lieu d'enseignement et de culture - une salle de théatre ayant même été édifiée dès en son sein - et dont la réputation avait dépassé les limites de la seule BRETAGNE, accueillant de ce fait parmi ses élèves de grands noms de l'aristocratie et de la noblesse française .

Si, en ce début du XXème siècle, l'Etablissement avait déjà vu passer dans ses murs des écrivains comme Octave MIRBEAU, VILLIERS DE L'ISLE-ADAM, DELLY ainsi que deux prix Goncourt (André SAVIGNON - 1912 - et Marc ELDER - 1913), des musiciens tel J-Guy ROPARTZ ou des peintres réputés en leur temps (Louis RIDEL, James TISSOT, Joseph AUBERT), entre "le sabre et le goupillon", le Collège comptait aussi presqu'autant de ses élèves entrés dans les ordres (plus de 750) qu'ayant embrassé la carrière militaire (quelques 600 officiers).

Nombre d'entre eux s'étaient déjà distingués lors du "Risorgimento" en fournissant au Pape PIE IX le plus important contingent de soldats de tous les collèges de FRANCE (près de 150 de ses élèves - sur le millier de Bretons partis défendre le Vatican contre l'armée de Victor-Emmanuel et Garibaldi - s'étaient engagés dans les Zouaves Pontificaux) puis lors de la guerre de 1870 durant laquelle 27 d'entre eux devaient être tués, dont le premier le 6 Août 1870 au combat de Reishoffen, le lieutenant du 45e de ligne Aldéric DE LANGLE DE CLARY.

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SFX (d'avant l'incendie du 29 Mai 1949) : la "façade aux 100 fenêtres" sur les cours de récréation

Au cours du conflit qui s'annonçait, durant lequel une dizaine de ses Anciens allaient y exercer des commandements importants ainsi que quelques autres laisser leurs noms gravés dans l'Histoire, le Collège Saint François-Xavier allait aussi devoir payer un lourd tribu puisque 336 de ses anciens élèves, jeunes et moins jeunes, allaient, et ce dès les premiers jours de combats, y faire le sacrifice de leurs vies.

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Entre 1914 et 1918, la partie Sud du Collège sera également réquisitionné, comme le Séminaire de VANNES, pour y accueillir un hôpital militaire, les infrastructures sanitaires d'alors de la ville ne suffisant pas à accueillir tous les blessés.