Les soldats du 116e RI, au moment de la déclaration de guerre, sont donc en garnison à VANNES avec un bataillon détaché à MORLAIX et 2 compagnies à AURAY. Le régiment dont la devise est "Cent seizième de ligne : autour de ton Drapeau" et qui, en 1918, recevra la citation "Beau régiment, plein d'allant, d'un mordant remarquable" est composé presqu'exclusivement de Bretons Morbihannais ainsi qu'un petit contingent de Loire-Inférieure et auxquels se mêlent des Vendéens et quelques Parisiens.

L'HISTORIQUE du Régiment ne décrit que succintement cette première semaine :

« La mobilisation, commencée le 2 Août, se passe normalement, et le 7 Août, à 18H57, le premier échelon du régiment s’embarque en gare de VANNES, salué par les exclamations de la population et par les autorités de la ville. Après un long voyage, via REDON, NANTES, ANGERS, LE MANS, VERSAILLES, JUVISY, MEAUX et REIMS, le régiment débarque dans la soirée du 9 Août à GRAND-PRE (Ardennes) et cantonne, les 9 et 10, à AUTRUCHE et AUTHE »

Jean-Marie RIO, Caporal à la 2e Compagnie du 116e RI, commence son "CARNET DE MA CAMPAGNE" en cette même journée du 9 Août. On notera une divergence quant à l'heure d'arrivée...

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" Dimanche 9/8 - AUTRUCHE

Vers 11 heures, nous débarquons à la gare de Grand-Pré. Là nous faisons la grand halte dans une vase prairie à proximité de la voie.

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A 11 heures et demi, le campement, prenant les devants sur la colonne, va préparer le cantonnement à AUTRUCHE, village situé à environ 15 km de Grand-Pré. Il fait une chaleur étouffante, la marche est très pénible au début; il nous faut faire des pauses toutes les demi-heures. Quelques soldats récriminent déjà contre les officiers ! Une femme nous offre de l’eau additionnée d’alcool, à notre passage, ce qui nous réconforte un instant. La vue du village d’AUTRUCHE qui se détache du milieu d’un groupe d’arbres nous redonne des forces pour achever les quelques kilomètres qui nous séparent de notre cantonnement; encore deux pauses et nous sommes à l’entrée du village. En un clin d’œil le cantonnement est trouvé : nous nous déséquipons, puis nous nous lavons, nous brossons nos effets, nettoyons nos armes et nos cuirs. Une heure après notre arrivée à AUTRUCHE, il ne paraît plus rien de la fatigue qu’a produite une marche très pénible; tous nous sommes frais et dispos. Au coucher du soleil nous visitons notre cantonnement avant d’aller confier notre corps au sommeil réparateur."

Fort heureusement la Presse Morbihannaise apportera quelques éléments complémentaires sur l'atmosphère qui règnait à VANNES en ces premiers jours d'Aout, mélangeant informations utiles et anecdotes de circonstance.