Contrairement à une idée encore bien tenace qui voudrait que la Ville de VANNES n'ait toujours été qu'une petite cité bourgeoise "ancrée à droite", les XIXe et début du XXe siècles avaient vu se succéder dans le fauteuil du premier magistrat des personnalités de sensibilités politiques très différentes.

A la déclaration de la guerre, le Maire de VANNES est M.Lucien PRIOU.

Avoué de son état, il avait été le liquidateur des Congrégations sous le ministère de Jules COMBES (durant le mandat municipal de Charles RIOU, élu de 1888 à 1908, l'un des plus longs encore à ce jour) et ne s'était pas attiré, en ces circonstances, que des sympathies de la part de ses concitoyens, dans une ville où l'histoire et son patrimoine avaient été fortement marqués par l'installation de très nombreuses congrégations religieuses. Le 2 Septembre 1904, le Préfet d'alors, M. MOULLE, avait même dû commander à la troupe de monter la garde devant son domicile tant l'émeute grondait dans la ville. Et, quelques années plus tard, le 27 Juin 1912, alors qu'il venait d'être nouvellement élu Maire à la suite d'Eugène LE PONTOIS (1908-1912), son anti-cléricalisme, dont il ne démordait pas, s'était de nouveau brillamment illustré par son refus d'octroyer une subvention municipale à la Fédération des Patronages qu'il avait alors qualifié d'"armes de guerre à outrance aux mains de la réaction" ! ...

Les Vannetais ne sauront toutefois lui reprocher de faillir à son rôle et à ses responsabilités de premier magistrat puisqu'il leur en donnera le plus bel exemple, en décidant de s'engager, et en étant mobilisé durant toute la guerre (de Décembre 14 à Décembre 1918).

En l'absence de M.PRIOU, c'est son Adjoint, M.Charles HOGNON, qui assumera la fonction de Maire et que l'on retrouvera notamment au premier rang des personnalités lors d'un certaine cérémonie du 14 Juillet 1917... Mais n'anticipons pas.

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L'histoire municipale devait également retenir plus particulièrement deux autres Elus de ces années de guerre :

- M.Charles MARIN, ancien Président de la Chambre de Commerce, qui succèdera à M.PRIOU au fauteuil de Maire lors des élections de 1919. C'est lui qui devait commander à l'Architecte et sculteur local E.LADMIRAL la conception et la réalisation du Monument aux Morts qui serait érigé sur le plateau du Jardin de la Garenne, face aux remparts, et inauguré lors des cérémonies du 11 Novembre 1925. Un projet dont il ne verrait pas l'aboutissement, décèdant prématurément en 1924.

- Le Docteur Maxime LETOUX, successeur de M.MARIN. Cet humaniste de grande culture, artiste doué pour la peinture, s'intéressant à la numismatique et à l'archéologie (il était membre de la Société savante Vannetaise de la "Polymathique" depuis ses 18 ans), déclara à l'entrée en guerre laisser vacant son siège de Conseiller Municipal jusqu'à la fin de celle-ci, sur le fait que "l'activité humaine a ses limites" et estimant que son engagement d'élu était incompatible avec le service chirurgical de la Croix-Rouge dont il avait accepté la lourde charge. Son mandat de Maire devait être encore plus bref que celui de M.MARIN, décèdant moins d'un an après son élection.

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