Avant même que les premières rencontres meurtrières avec l'ennemi n'aient eu lieu, le Ministère de la Guerre subodorait qu'un grand nombre de blessés devraient être soignés à l'arrière. Les structures hospitalières militaires et civiles existantes étant insuffisantes en nombre de places de lits, on eut recours de réquisitionner et d'utiliser la capacité d'accueil des plus vastes locaux qui existaient à l'époque, et en premier lieu les batiments scolaires. Les installations de ceux-ci s'avéraient d'autant plus faciles que nous étions alors en période de grandes vacances... Et, comme il était prédit que la guerre serait rapidement gagnée, sans doute s'était-on dit  que les enseignants et leurs élèves n'auraient que peu de temps à subir les contraintes résultant de la réduction des locaux qu'on leur laisserait disponibles ...

En l'année 1914, VANNES était doté d'un HOPITAL MIXTE situé au 1 Rue de la Loi (à l'emplacement de l'Ecole de Droit actuelle) , à proximité immédiate de la Mairie et de la Caserne des Trente, et d'une capacité de 260 lits.  L'établissement sanitaire occupait les batiments de l'ancien "Petit Couvent" où s'étaient installées en 1684 les Soeurs de la Charité qui y recueillaient plus particulièrement les "femmes de petite vertu" et autres "filles perdues". Maison d'arrêt sous la Révolution, les lieux étaient devenus Hopital Militaire en 1795 et, dès 1801, l'Administration des Hospices en avait élargi l'accès aux malades civils (d'où son nom). Dans la seconde moitié du XIXe siècle, deux extensions neuves spécifiques allaient être construites, un "batiment des femmes" en 1867, puis un "batiment des hommes" en 1884, d'ailleurs concomittant avec la toute récente construction des casernes. L'Hopital Mixte continuera de fonctionner jusqu'en 1934, date de son transfert définitif dans le nouvel établissement neuf édifié sur les rives de l'Etang au Duc.

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C'est ainsi que la ville a vu très rapidement l'installation d'Hopitaux Complémentaires et Annexes :

Dès le 9 Août, le Collège Municipal Jules-Simon, situé au 24 Place de la Mairie, est réquisitionné et aménagé pour devenir l'Hopital Temporaire n°7 . Sa capacité, originellement de 350 lits, redescendra ultérieurement à 265 lits. Premier établissement ouvert, il parait aussi avoir été le dernier fermé, puisqu'il est attesté, par des courriers, qu'il devait fonctionner au moins jusqu'au 10 Mai 1919.

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Le 12 Août voit l'installation de deux autres établissements :

- l'Hopital Temporaire n°33, plus connu des vieux Vannetais comme "l'Hopital 33", dans les locaux de l'Ancien Séminaire situé sur les bords de l'Etang  au Duc, près de la route de Rennes et jouxtant l'Arsenal, et qui aura une capacité de 420 à 530 lits.

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- l'Hopital Temporaire n°1, dans les locaux de l'Ecole Normale d'Institutrices, sise au 6 Rue de Conleau (aujourd'hui Avenue De Lattre de Tassigny), d'une capacité de 210 à 255 lits et qui fonctionnera jusqu'en Janvier 1919.

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Le 15 Août, l'Hopital Temporaire n°54, d'une capacité de 63 lits,  occupe la Maison Ste Anne, au 14 Rue de Conleau.

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On sait enfin qu'au 26 Aout, l'Ecole Normale d'Instituteurs, au 32 Rue Hoche (l'actuelle Avenue Roosevelt) présentait  un total de 200 lits  sous l'appelation d'Hopital Temporaire n°8.

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C'est dans cette même période que l'aile Sud du Collège Jésuite de Saint-François-Xavier, situé au 3 Rue Thiers, était également réquisitionné et aménagé (sous la référence probable d'Hopital Complémentaire n°88).

Outre ces établissements, il est avéré, au 1er Février 1915, que l'Hopital Dépôt des Convalescents n°5, d'une capacité de 300 lits, fonctionnait dans l'Etablissement des Dames de la Retraite situé au 19 Rue du Mené,   

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tandis qu'à la date du 13 Juillet de cette même année, le Petit Séminaire, installé au 21 Rue de Séné (aujourd'hui Rue Mgr Tréhiou), ex.Hopital Complémentaire 54bis et HopitalD.n°5, d'une capacité de 200 lits, était recensé comme l'Hopital Complémentaire n°62. Il deviendra, à compter de fin Juin 1916, un Dépot de Physiothérapie.

En Gare de VANNES enfin, avait été installée une Infirmerie afin d'apporter des soins en urgence, si besoin était, lors de l'arrivée des Trains Sanitaires.

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(Source principale : site marcophilie56.free.fr (Mr Dominique REYNAUD) à partir des Archives du Musée du Val de Grâce)